L’inconscient des entreprises…

Toutes les trois semaines, une personnalité des sciences humaines est choisie pour donner sa vision de « la part de l’humain » dans la réussite de projets professionnels en lien avec l’actualité économique et juridique.

Cette semaine, Virginie Jubault, nous fait part d’une reflexion sur l’inconscient des entreprises, suite à l’analyse de l’une de ses lectures : « Quand l’irrationnel souffle sur le monde », écrit par Astrid du Lau d’Allemans.

Cet été, un petit livre « Quand l’irrationnel souffle sur le monde » d’Astrid du Lau d’Allemans qui traite de l’impact de l’inconscient des peuples sur les relations internationales, a particulièrement attiré mon attention. Pour l’intérêt intrinsèque du sujet bien sûr et l’extrapolation que je pourrais en faire pour étudier sous un autre angle mes clients, majoritairement composés de cabinets d’avocats, ainsi que les entreprises en général.

L’auteur constate qu’« au-delà des aspects économiques et sociologiques habituellement étudiés, quelque chose n’est pas assez mis en valeur : l’inconscient collectif des peuples. Or ces derniers, comme les individus, sont traversés d’émotions, de passions et d’ombres. A force d’être niés, sur le plan international, dans leur façon de percevoir le monde, les peuples se sont perdus…et cherchent avec force à retrouver une identité qui leur a semblé balayée, notamment par la mondialisation… ».

Astrid du Lau d’Allemans utilise pour décrypter ces peuples l’approche de la psychanalyse avec notamment une grille de lecture utilisée par Freud pour analyser l’équilibre des individus, le « Moi », « Surmoi » et « Ça ».

Virginie Jubault, Avocom

La quête de l’identité pour comprendre qui l’on est, d’où l’on vient et vers où l’on va me paraît commune, avec tout son lot de particularités propres, aux individus/pays/groupements humains…d’où mon envie totalement inspirée du livre de vous faire découvrir une approche différente pour mieux connaître votre entreprise.

Le Moi serait l’identité de l’entreprise.

Ce « moi » correspond aux particularités communes fondant la cohésion et la solidarité des personnes regroupées en un ensemble considéré comme spécifique et cohérent. C’est quelque chose qui bouge et n’est pas figé. Est-elle forte, l’entreprise sera en mesure de créer la différence et d’être créative (sur le produit, le service ou la façon dont l’un ou l’autre sont délivrés aux clients). Est-elle excessive, l’entreprise, par trop de confiance, pourrait ne pas voir les transformations utiles à opérer pour rester dans la course…Trop faible, l’entreprise en question doute d’elle-même, ne sait plus qui elle est, perd de sa fierté, se replie sur elle-même, souvent dans le déni des avancées d’autres…Elle a besoin de se retrouver pour avoir l’impression d’exister.

La conscience de sa spécificité et de sa place dans l’écosystème est essentielle pour que l’entreprise se sente reconnue. D’expérience, ce travail est parfois sous-estimé dans l’univers juridique dans lequel j’évolue.

Le Surmoi serait la partie qui vient de l’adaptation à l’écosystème.

Ceci correspond aux formations universitaires / à l’apprentissage de la connaissance et du savoir, à l’éducation des membres, aux us et coutumes du métier et aux réglementations. Les limites, les obligations, les injonctions reçues ont-elles été trop lourdes et pèsent-elles sur le Moi menant à l’exigence, au doute, à la dévalorisation collective ? Mais aussi à la compétition et la comparaison permanente et donc au jugement ?

A l’inverse, ces limites ont-elles été insuffisantes amenant l’entreprise à se couper de ses clients, de son entourage, la rendant incapable d’exister de façon constructive ?

Ou ce Surmoi a-t-il été nourricier, sécurisant et va permettre aux membres de l’entreprise de s’adapter à un environnement changeant parce que renforçant le Moi, en reconnaissant ses ressources intérieures et en les valorisant dans la confiance ?

Le Ça des entreprises pourrait être envisagé comme une capacité de révolution.

Les réactions collectives peuvent être intempestives et liées à des éléments jugés comme fondateurs pour l’entreprise. Chez l’individu, comme pour un pays ou une entreprise, le ça n’est pas que négatif. Il est également le siège du désir d’avancer, de l’énergie de vie, etc. Et là encore, il faut se poser les bonnes questions (envie de quoi et pourquoi, avancer comment et vers où….).

Et le Soi pourrait être envisagé comme des moments de dépassements.

Le Soi, attribué aux Jungiens, se traduirait par l’image de sursauts pour aller vers quelque chose de plus beau ensemble : c’est la notion de bien commun, d’intérêt général. Dans son livre, Astrid du Lau d’Allemans explore aussi ce qu’elle nomme les zones d’ombres et la mémoire.

L’ombre serait cette partie de l’entreprise cachée dans laquelle coexistent à la fois les éléments que nous percevons comme négatifs mais aussi certaines ressources restées méconnues.

Virginie Jubault, Avocom

Sur la Mémoire, elle cite Denis Peschanski, Directeur de recherche au CNRS : « Au filtre de cette mémoire ne sont retenus que les événements perçus comme structurants dans la construction de notre identité collective ». La mémoire est l’empreinte du passé et du présent. Elle ne se définit pas comme un contenu figé mais comme une dynamique qui nourrit notre présent et nous offre un soutien pour imaginer et mettre en œuvre un futur.

La mémoire est l’empreinte du passé et du présent.

Virginie Jubault, Avocom

Encore faut-il qu’existe un récit permettant à chaque individu de s’insérer dans ce cadre et de savoir ce dont il est porteur inconsciemment. Un récit qui ne soit pas froid, car aucun membre n’y adhérerait. Il faut mettre de la couleur, des émotions, de la passion et de l’imaginaire !

Et c’est sur tout cela qu’il serait intéressant de se pencher pour une évolution plus sereine de l’entreprise dans le monde d’aujourd’hui.


Virginie Jubault,
AVOCOM

Courte biographie de Virginie Jubault :

Associée d’Avocom. Coach professionnelle. Stratégie en marketing et communication juridique. Business développement-Conseil en leadership.

Passionnée de neurosciences, Virginie Jubault développe une méthodologie au sein du cabinet de conseil AVOCOM, permettant aux jeunes associés de prendre leur pleine dimension d’entrepreneur au sein du cabinet, aux équipes de mobiliser l’intelligence collective pour travailler de façon plus transversale tout en favorisant la circulation de l’information et aux managing partners d’élaborer une vision commune et partagée avec l’ensemble des équipes. Les formations successives depuis des années en neuro sciences et sa formation de coaching ont conforté son empathie, intérêt, curiosité et respect pour le genre humain.

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