Dernière chance pour le capitalisme

Aujourd’hui, découvrez dans notre rubrique CULTURE, le livre de Patrick Artus en collaboration avec Marie-Paule Virard – « La dernière chance du capitalisme« . Ils nous offrent un diagnostic assez sévère sur ce dernier  : la dévaluation du travail par le profit, le choix de privilégier l’actionnaire au détriment du salarié et des autres partenaires de l’entreprise constituent, selon eux, l’ADN du capitalisme néolibéral et expliquent l’asthénie de la demande. Montrant que les politiques économiques atteignent aujourd’hui leurs limites, P. Artus et M-P. Virard ne se contentent pas d’analyser les risques que ces politiques font courir à nos sociétés. Ils nous proposent un autre modèle de capitalisme et nous font partager les raisons d’espérer.

Patrick Artus,
conseiller économique, NATIXIS

Si rien ne change, le capitalisme contemporain va s’effondrer. D’une part, il est de plus en plus rejeté par les opinions, avec les bas salaires, les délocalisations, les inégalités de revenu et de patrimoine, d’autre part, il est inefficace.

Malgré les « béquilles » mises en place (endettement du secteur privé, endettement public, création monétaire), il a conduit à un progrès technique, à des gains de productivité de plus en plus faibles, à des crises financières à répétition, pour des raisons qui sont analysées dans le livre.

La thèse du livre est que, pour sortir de ce capitalisme, et éviter qu’il soit remplacé par une organisation étatique, dirigiste de l’économie, il faut revenir aux principes de « l’ordolibéralisme » : l’Etat laisse chaque agent économique prendre librement ses décisions, mais met en place un environnement (social, éducatif, de concurrence, etc.) favorable, et corrige par des politiques incitatives (par exemple prix du CO2) les comportements spontanément défavorables des entreprises (pollution, licenciements, etc.). [ndlr : Ne serait-ce pas « l’état d’esprit » de la compliance ?]

Marie-Paule Virard, journaliste économique

Les entreprises ne sont donc pas règlementées mais incitées à agir dans un sens favorable à la société. Désormais, les actionnaires des entreprises acceptent une rentabilité plus raisonnable du capital.

Marie-Paul Virard

On parle aujourd’hui beaucoup de capitalisme « néo-libéral », mais ce terme est imprécis. Pour M. Friedman, dont on fait souvent une représentation caricaturale, les entreprises certes doivent maximiser leurs profits, mais l’Etat doit s’occuper de l’éducation, de la lutte contre la pauvreté, des externalités, du respect et des contrats et doit lutter contre les positions dominantes : les monopoles. Le vrai capitalisme « néo-libéral » apparaît à la fin des années 1970 et au début des années 1980, avec M. Thatcher et R. Reagan.

Aujourd’hui, certains aspects du capitalisme ne sont plus du tout libéraux, par exemple la multiplication des monopoles, des entreprises ayant des positions dominantes, l’augmentation massive des dépenses publiques et du rôle de l’Etat. Pour réformer le capitalisme, il faut donc examiner précisément ses caractéristiques.

Avec Marie-Paule Virard, il s’agit d’une longue collaboration.

Nous écrivons des livres ensemble depuis plusieurs années. Notre premier ouvrage date de 2004 – « La France peut se ressaisir ».

Patrick Artus, professeur associé à l’École d’économie de Paris et conseiller économique de Natixis.
Marie-Paule Virard, journaliste économique.

Parcourez le livre « La dernière chance du capitalisme« , Editions Odile Jacob.


Biographie de Patrick Artus :

Officier dans l’Ordre national de la Légion d’honneur, diplômé de l’Ecole polytechnique, de l’Ecole nationale de la statistique et de l’administration économique et de l’Institut d’études politiques de Paris, Patrick Artus a été pendant 20 ans directeur de la recherche et des études de NATIXIS puis chef économiste et membre du comité exécutif.

Il débute sa carrière en 1975 à l’INSEE où il participe entre autres aux travaux de prévision et de modélisation. Il travaille ensuite au département d’économie de l’OCDE (1980) puis devient directeur des études à l’ENSAE et responsable de séminaire de recherche à l’université Paris Dauphine (1982).

Il enseigna dans diverses Universités (Ecole polytechnique, Dauphine, ENSAE, Centre des hautes études de l’armement, Ecole nationale des ponts et chaussées, HEC Lausanne…), et il est actuellement professeur d’économie à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il cumule ses fonctions d’enseignant avec ses travaux de recherche et s’associe à diverses revues ou associations économiques. Il est actuellement professeur d’économie à PSE (Paris School of Economics). Il a été pendant des années membre du Conseil d’analyse économique auprès du Premier ministre français.

Il est aujourd’hui membre des conseils d’administration de TOTAL et d’IPSOS en qualité d’administrateur, et conseiller économique de Natixis.

Biographie de Marie-Paule Virard :

Diplômée d’HEC et de l’IEP Paris, Marie-Paule est journaliste économique.

Elle a notamment été rédactrice en chef de l’hebdomadaire Option Finance, puis rédactrice en chef du mensuel Enjeux Les Echos de 2003 à 2008.

Elle a publié, avec Patrick Artus, cinq livres à succès :
« Et si les salariés se révoltaient ? » (Fayard)
« La France sans ses usines » (Fayard)
« La Folie des banques centrales » (Fayard)
« Le Capitalisme est train de s’autodétruire » (2005)
« Comment nous avons ruiné nos enfants » (2006)

Dernières publications (Livres)

La dernière chance du capitalisme, Patrick Artus, Marie-Paule Virard (Editions Odile Jacob, mai 2021)
Comprendre le désordre monétaire, disponible gratuitement en ligne, (Editions Odile Jacob, dec. 2020)
L’économie post-Covid, Patrick Artus, Oliver Pastré (Editions Fayard, septembre 2020)
40 ans d’austérité salariale (Editions Odile Jacob, juin 2020)
Discipliner la finance (Editions Odile Jacob, mai 2019)
Et si les salariés se révoltaient ? Patrick Artus, Marie-Paule Virard (Editions Fayard, avril 2018)
Euro. Par ici la sortie ? Patrick Artus, Marie-Paule Virard (Editions Fayard, Janvier 2017)
La folie des banques centrales, Patrick Artus, Marie-Paule Virard (Editions Fayard, Janvier 2016)

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