Colère utile, colère chronophage : apprendre à faire le tri
BLR n° 60 – 21/05/2026

La minute du coach de Virginie JUBAULT
La colère a mauvaise presse, alors qu’elle a d’abord une fonction très utile. D’un point de vue psychologique et biologique, c’est un système de mobilisation : face à une limite franchie, une injustice perçue ou une menace pour nos intérêts, le cerveau prépare rapidement le corps à réagir.
Cette activation s’accompagne souvent de réponses physiologiques bien connues : tension musculaire, accélération du rythme cardiaque, hausse de l’énergie disponible, focalisation de l’attention. Autrement dit, la colère n’est pas un défaut : c’est un signal d’alerte et de protection.

La colère n’est pas un défaut : c’est un signal d’alerte et de protection.

Dans la vie professionnelle, cette colère utile peut aider à clarifier une limite, à identifier un dysfonctionnement, à refuser une situation inacceptable ou à engager une conversation nécessaire. Elle nous pousse à dire ce qui ne va pas, à défendre un principe, à corriger une dérive. Tant qu’elle débouche sur une action proportionnée et constructive, elle remplit sa fonction.

Dans la vie professionnelle, cette colère utile peut aider à clarifier une limite, à identifier un dysfonctionnement, à refuser une situation inacceptable ou à engager une conversation nécessaire.

Le problème commence lorsque ce système de mobilisation se dérègle ou s’emballe. La colère réagit alors non seulement à ce qui s’est passé, mais aussi à ce que l’on interprète, anticipe ou rumine. Elle ne guide plus l’action : elle alimente la crispation. Elle ne protège plus vraiment ; elle consomme de la bande passante. C’est le passage d’une colère fonctionnelle à une colère chronophage.
Un repère simple peut aider : une colère utile conduit à une clarification ; une colère chronophage conduit à une boucle.

Une colère utile conduit à une clarification ; une colère chronophage conduit à une boucle.
Pour faire le tri, trois questions suffisent souvent :
Quelle limite a été franchie ?
Nommer précisément ce qui déclenche la colère réduit déjà son emprise.
Le problème vient-il des faits, de mon interprétation, ou des deux ?
La colère peut être légitime, mais elle gagne à être vérifiée avant d’être exprimée.
Quelle action concrète puis-je prendre ?
Clarifier, demander, recadrer, arbitrer, poser une limite : une action ajustée transforme souvent la colère en information utile.

L’enjeu n’est donc pas de supprimer la colère. Il est d’en faire un signal à exploiter, plutôt qu’une tension à subir. Les colères utiles nous rendent plus clairs. Les colères chronophages nous rendent moins disponibles. Apprendre à distinguer les unes des autres, c’est déjà retrouver de la maîtrise.

par Virginie JUBAULT, coach certifiée (CT Transformance) et associée, AVOCOM.

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