Un Master pour former à la justice amiable 

BLR n°22 – 10/11/2022

Toutes les trois semaines, une personnalité des sciences humaines est choisie pour donner sa vision de « la part de l’humain » dans la réussite de projets professionnels en lien avec l’actualité économique et juridique.


Cette semaine, Virginie Jubault nous fait part de son entretien avec Aurélie Thieriet,  directrice du Master Droit justice, médiation et numérique en formation initiale sur le campus d’Issy-les-Moulineaux de la faculté de droit de l’Université catholique de Lille.


Aurélie, tu viens de créer un Master Droit justice, médiation et numérique » à la faculté de droit de l’Université catholique de Lille, A quels besoins réponds-tu ?

La médiation judiciaire et conventionnelle connaît une accélération dans son développement, tous les domaines du droit sont concernés. Il est dans ces conditions encore plus nécessaire de former les jeunes juristes à cette justice amiable. Cela exige la mobilisation et le développement de qualités humaines essentielles telles que la communication, l’écoute et le dialogue. Ce qui ne s’improvise pas !

Concrètement, comment formes-tu les juristes à la justice amiable ? Peux-tu nous donner les grands axes du programme de ce Master ?

Nous proposons aux étudiants d’approfondir les matières fondamentales de droit privé au programme des examens et concours des professions juridiques, réglementées ou non (avocat, notaire, magistrat, commissaire de justice, juriste d’entreprise, contract manager…), et les formons à la culture de l’amiable et aux multiples outils méthodologiques, juridiques ou non, de prévention et résolution des conflits :

  • droit commun des MARD ;
  • processus de médiation ;
  • outils de négociation raisonnée et de communication ;
  • écoute active, reformulation, communication non violente ;
  • psychologie des conflits, négociation de crise, négociation collective.

Comment fais-tu évoluer la valeur ajoutée (soft skills comme l’ouverture d’esprit, la capacité à conduire le changement et s’adapter, personal branding…) des juristes et avocats de demain, avec ton équipe en tant qu’éducateurs ?

Le master offre aux étudiants une formation d’ouverture, juridique et non-juridique, à ‘360 degrés’ sur les différents modes de prévention et traitement des conflits qui peuvent aujourd’hui être utilisés par les professionnels du droit pour trouver des solutions pertinentes, adaptées, innovantes, ‘sur-mesure’ aux situations juridiques et à leurs acteurs (modes judiciaires, modes amiables, arbitrage).

Le Studio droit/digital, notre incubateur de start-ups, met également les étudiants en situation de contribuer à des projets de transformation numérique de la justice et du droit en travaillant avec des chercheurs et des acteurs de la legaltech et du legal design.

En tant qu’enseignants, êtes-vous soutenus par le monde des juristes actifs dans cette démarche de promouvoir la justice amiable, négociée auprès des jeunes ?

Beaucoup de professionnels du droit sont convaincus de la pertinence de proposer aux jeunes générations, et pas seulement aux praticiens déjà en activité, une formation théorique et pratique à la culture de l’amiable. Ils sont étroitement associés au master depuis la conception de son programme jusqu’à sa mise en œuvre. Ils sont enthousiastes pour partager avec les étudiants leurs pratiques dans le cadre de webinaires.

Plusieurs avocats, magistrats, juristes en entreprise, médiateurs dispenseront des cours pratiques avec des mises en situation et jeux de rôle en petits groupes. Ils accueilleront en outre les étudiants en stage pour une durée de 3 à 6 mois entre la fin du master 1 et le semestre 2 du master 2.

Le développement de l’amiable, mouvement de fond à la fois favorisé par les pouvoirs publics, demandé par les clients et renforcé par la loi de 2016 de modernisation de la justice du XXIe siècle, bute encore contre de nombreux freins sur le terrain parmi les entrepreneurs, directeurs juridiques, magistrats, avocats… Comment perçois-tu l’attitude des jeunes face à l’évolution de la justice et de leurs futurs métiers ? Sommes-nous face à une génération qui va réellement transformer le droit et totalement intégrer les MARD ?

Mettre la qualité de la relation humaine et du lien social au cœur de la formation du master et au service d’une justice apaisée, efficace et satisfactoire, fait sens pour de nombreux jeunes étudiants.

L’avenir du master qui ouvre ses portes en septembre nous le dira !

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