Les croyances (limitantes) qui pilotent nos décisions
BLR n° 55 – 11/12/2025

La minute du coach de Virginie Jubault
Les croyances limitantes sont des mécanismes silencieux qui façonnent nos décisions. Pont entre le passé et le présent, elles se construisent au fil du temps autour d’événements marquants : réussite, échec, compliment, humiliation, encouragement… Il s’agit de pensées ancrées qui nous semblent objectives, alors qu’elles ne sont que des interprétations. « Je ne suis pas légitime pour prendre la parole », « Je dois toujours être parfait », « Je n’ai pas le temps pour développer ma clientèle »… Autant de phrases qui paraissent banales, mais qui conditionnent profondément les comportements.
À quoi servent-elles ?
Elles ont d’abord une fonction de protection. Une expérience vécue comme dangereuse – même symboliquement – peut entraîner un mode de pensée : éviter, anticiper, contrôler, chercher la perfection, ne pas demander d’aide.

Elles ont d’abord une fonction de protection.
Comment les identifier ?

Chez soi, un bon indicateur est l’apparition d’un “toujours” ou d’un “jamais” dans notre discours intérieur. Chaque fois que l’on se dit : « Je ne suis pas fait pour… », « Ce n’est pas mon rôle », « Je ne peux pas changer », on touche probablement une croyance plutôt qu’un fait. Chez les autres – associés, collaborateurs, clients
– elles se repèrent aux justifications automatiques, à une résistance disproportionnée, ou à des comportements récurrents qui sabotent la progression. Un collaborateur brillant qui n’ose pas appeler un prospect ; un directeur ou une avocate qui refuse systématiquement toute prise de parole externe : ce sont souvent les symptômes d’une croyance, rarement d’un manque de compétence.

Un directeur ou une avocate qui refuse systématiquement toute prise de parole externe : ce sont souvent les symptômes d’une croyance, rarement d’un manque de compétence.
Comment s’en défaire ?
Une croyance limitante ne disparaît pas sous la force : elle se désamorce par la curiosité.
– D’où me vient cette idée ?
– Quelle preuve objective ai-je ?
– Que ferait quelqu’un qui ne croit pas cela ?

Elle se désamorce par la curiosité.(…) Les micro-actions contredisent la croyance et finissent par la remplacer.
La prise de conscience crée déjà une brèche. Le reste se fait par l’expérimentation : un premier post LinkedIn, une délégation partielle, un déjeuner réseau. Les micro-actions contredisent la croyance et finissent par la remplacer.

Faut-il remplacer une croyance par une autre ?
Oui – mais consciemment. Une croyance limitante laisse un vide ; il doit être occupé par une croyance aidante. Non pas un mantra naïf, mais une règle fonctionnelle : « Je peux apprendre », « Je progresse en agissant », « Je mérite d’être visible si j’apporte de la valeur ». Ces croyances orientent l’action plutôt que de la brider.

Travailler sur ses croyances n’est pas un exercice flou : c’est un levier de performance.
Travailler sur ses croyances n’est pas un exercice flou : c’est un levier de performance, de leadership et de liberté professionnelle. Les compétences ouvrent des portes ; nos croyances déterminent si nous décidons d’y entrer.
Exemples concrets de croyances limitantes
“Je ne suis pas assez compétent pour…”
Conséquence : on reporte un projet, une prise de parole, une candidature.
Ce qu’il se passe vraiment : la personne a peur d’être jugée, pas un vrai manque de compétences.

Ce qu’il se passe vraiment : la personne a peur d’être jugée, pas un vrai manque de compétences.
Proposition de piste pour désamorcer la croyance : identifier une micro-action (demander du feedback, se former, essayer une première étape).
“Je n’ai jamais le temps.”
Conséquence : on s’interdit d’apprendre, de développer un projet ou d’entretenir son réseau.
Réalité : la priorité n’est pas assumée.
Proposition de piste pour désamorcer la croyance : reformuler en “Ce n’est pas ma priorité… pour l’instant”, ce qui rend l’action possible.
“Je suis comme ça, je ne changerai pas.”

Conséquence : on s’enferme dans des comportements anciens (timidité, perfectionnisme, évitement…).
Réalité: ce n’est pas une identité, c’est une habitude.
Proposition de piste pour désamorcer la croyance : tester un comportement alternatif 5 minutes par jour.
“Je dois toujours être parfait.”
Conséquence : nuits blanches, relecture obsessionnelle, incapacité à déléguer.
Réalité : aucun client ne demande la perfection, mais la fiabilité et la clarté.

Réalité : aucun client ne demande la perfection, mais la fiabilité et la clarté.
Proposition de piste pour désamorcer la croyance : fixer un seuil de “suffisamment bon” et accepter que l’excellence ne dépende pas d’un fichier relu 12 fois.
“Pour être reconnu, je dois faire plus que les autres.”
Conséquence : surcharge chronique, absence de stratégie, fatigue.
Réalité : l’impact vient de la pertinence, pas du volume.
Proposition de piste pour désamorcer la croyance : choisir un domaine, y devenir identifié, plutôt que tout accepter.

par Virginie Jubault, coach certifiée (CT Transformance) et associée, Avocom.

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