Le secrétaire général est le gardien et l’acteur d’une cohérence d’ensemble
Grégory ABATE, secrétaire général de DASSAULT SYSTÈMES. (en photo)
BLR n° 56 – 29/01/2026

Après un solide parcours dans la sphère publique, Grégory Abate est entré chez Dassault Systèmes en 2023 comme secrétaire général adjoint avant d’être nommé secrétaire général en janvier 2024. Affaires publiques, audit, gestion des risques et accompagnement de la gouvernance font partie de son quotidien.
Comment est structuré le secrétariat général ?
Le secrétariat général regroupe plusieurs équipes. Les affaires publiques sont portées par quatre personnes à Bruxelles, deux personnes au siège et une personne aux Etats-Unis, en plus d’un réseau de collaborateurs au sein des différents pays où est implanté le groupe. L’audit et le contrôle interne rassemble une dizaine de personnes. De plus, nous avons un expert spécialiste de la gestion des risques. Concernant les aspects de gouvernance, il y a une équipe de la direction juridique qui, fonctionnellement, travaille pour le secrétariat général. Je manage le cabinet du directeur général Pascal Daloz, auquel je reporte directement. Le collectif qui le compose est ainsi rattaché au secrétaire général.
Quelles sont ses principales missions ?
Sur le plan institutionnel, mon périmètre intègre les affaires publiques. Notre but est d’éviter que le risque réglementaire percute la stratégie de l’entreprise. Le secrétariat général est compétent pour tout ce qui touche à l’audit et au contrôle interne. Je suis par ailleurs membre de la cellule qui se constitue en cas de crise.

Notre but est d’éviter que le risque réglementaire percute la stratégie de l’entreprise.
Enfin, le secrétariat général intervient sur les questions de gouvernance du groupe. Mon rôle de secrétaire du conseil d’administration englobe le travail de préparation des réunions de cet organe et la gestion des relations avec les administrateurs.
Dans ce cadre, j’assure un reporting auprès du président du conseil, Bernard Charlès.
De façon plus large, ma mission est de garantir qu’un sujet entrant dans le périmètre du secrétariat général est traité et d’animer le chantier correspondant. En effet, le secrétaire général est le gardien et l’acteur d’une cohérence d’ensemble.

Quel est le positionnement du secrétariat général concernant la compliance ?
La compliance est rattachée à la direction juridique et au directeur financier et non au secrétariat général, même s’il y a de fortes interactions entre nos départements respectifs.

Je siège au comité d’éthique qui est animé par la fonction compliance incarnée par Benoît Mercier, Group Compliance Officer Director. Je rends aussi compte de ces sujets de conformité au conseil d’administration.
Je siège au comité d’éthique qui est animé par la fonction compliance incarnée par Benoît Mercier, Group Compliance Officer Director. Je rends aussi compte de ces sujets de conformité au conseil d’administration.
Y a-t-il eu un chantier que vous avez contribué à lancer ?
Quand je suis entré chez Dassault Systèmes il y a trois ans, le secrétariat général était encore une création assez récente. Par conséquent, j’ai eu à cœur de développer des sujets nouveaux, comme une démarche d’Enterprise Risk Management.

J’ai eu à cœur de développer des sujets nouveaux, comme une démarche d’Enterprise Risk Management
Nous nous servons notamment d’un outil interne Enovia pour piloter et gérer ce sujet. Au départ, ce n’est pas spécialement dédié à ce type d’usage, mais nous l’adaptons pour répondre à des aspects très pratiques de suivi des risques et de documentation.
Quels sont les principaux enjeux auxquels votre secrétariat général fait face ?
La montée en puissance de la réglementation dans le secteur logiciel a été un de mes principaux dossiers en arrivant. Cela continue de l’être avec le paquet Omnibus, par exemple. De plus, il faut tenir compte de la présence de Dassault Systèmes sur le continent américain, en Europe, au Moyen-Orient et en Asie. Le secrétariat général doit donc animer un réseau international de façon transversale, tout en restant vigilant au positionnement du groupe par rapport à ces enjeux qui peuvent assez vite devenir sensibles, selon les pays et la situation géopolitique.


La montée en puissance de la réglementation (…) Le secrétariat général doit donc animer un réseau international de façon transversale, tout en restant vigilant au positionnement du groupe par rapport à ces enjeux qui peuvent assez vite devenir sensibles, selon les pays et la situation géopolitique.
Enfin, outre qu’elle nous permet de révéler de nouvelles catégories d’expériences pour l’industrie, l’intelligence artificielle (IA) est un enjeu dans plusieurs domaines : l’amélioration de nos process ; l’utilisation éthique de cette technologie et la défense de la souveraineté à l’échelle de l’entreprise. L’IA sert à nos parties prenantes, comme les investisseurs, par exemple, pour passer au peigne fin des documents clés comme les rapports de durabilité et les rapports annuels. Il faut donc que la cohérence des données publiées dans ces supports soit optimale.


L’IA sert à nos parties prenantes, (…) pour passer au peigne fin des documents clés comme les rapports de durabilité et les rapports annuels. Il faut donc que la cohérence des données publiées dans ces supports soit optimale.
Quels sont vos conseils et partenaires ? Dans quels réseaux professionnels 3DS est actif ?
Le groupe fait appel à des cabinets d’avocats, notamment pour les opérations de M&A et, plus ponctuellement, pour les affaires publiques ou des dossiers législatifs, comme certains chantiers à Bruxelles avec le cabinet Gide.
Nous participons activement aux travaux de syndicats patronaux comme Numeum, qui rassemble les professionnels du numérique, le MEDEF et l’Association des grandes entreprises françaises. Nous faisons partie de Digital Europe, association professionnelle représentant les industriels du numérique en Europe ainsi que d’Estia, une alliance d’entreprises du digital souhaitant prendre la parole sur les enjeux de souveraineté numérique, créée en novembre 2025.
Sur les questions de gouvernance, j’apprécie les formations de l’Institut français des administrateurs (IFA) et son suivi de l’actualité. Je lisais ainsi récemment leur synthèse sur le rapport annuel du Haut Comité de Gouvernement d’Entreprise. C’est utile d’avoir leur point de vue sur ces sujets.
Propos recueillis par Emmanuelle Serrano, journaliste







